Bon plan

dimanche 10 avril 2011

Les 10 km du Haillan - ils sont derrière moi !

Ça y est, mon premier 10 km est fait  après 12 ans d'absence sur le bitume

J'avais une meilleure perf de 38'50 il y a 12 ans, j'avais 30 ans et deux ans de club derrière moi. Je faisais du sport quand même et quelques joggings, mais rien de très poussé.

Aujourd'hui en 2011, je repars de zéro + 10 kg. Et bien disons que du coup, ça ne fait pas zéro, mais bon. Cela dit, par rapport à cette "époque", j'étais monté à +20 kg, c’était en 2010, avant que de commencer le sport par les rollers et à perdre 10 kg.


Pour ce 10 bornes, j'avais comme objectif 50' pour ne pas dire 49'59", même si je n'étais pas hyper sûr de moi. Je n'étais pas sûr d'arriver à tenir une moyenne de 5 au kilo sur toute la distance. C'est que 10 bornes, c'est (très) court quand ça va bien, mais ce sera toujours galère quand rien ne va. Ça en fait une distance que j'apprécie / que j’appréciais énormément.

Bon mon objectif réel cette année n'est pas tout à fait les 10 bornes, mais plutôt de faire un semi. Il faudra attendre encore quelques semaines pour atteindre le 8 mai.

Je n’avais pas non plus réellement comme objectif aujourd’hui de faire un temps, combien même j’eusse été déçu de faire 52 ou 53. Non, le temps, ce devait être la cerise sur le gâteau.

Non, l’objectif REEL d’aujourd’hui, c’était de repartir à la (re)découverte des sensations. C'était surtout ça que j'attendais : renouer avec les sensations.

Alors allons-y. Ça va paraître sans doute banal à quiconque court régulièrement, mais MA première sensation a été de re-préparer mon sac. Pourtant, des sacs, j’en prépare encore régulièrement. Pour mes enfants voire pour mes entraînements quand je les fais juste après le boulot. Mais là, c’était différent. C’était pour un grand jour. Si, si, un grand jour !

J’ai dû refaire plusieurs fois ma checklist dans ma tête. Mon ancienne habitude me revient immédiatement en tête : partir du bas pour aller jusqu’en haut.

Checklist 1 – la course - Chaussettes, chaussures, cuissard, maillot court, bandeaux, ceinture pour les clés, montre et maintenant, cardio. En cette veille de course, il a fait chaud, très chaud même en Gironde : +31°C !!! Je règle mon Virtual Partner® à 5’05 au kilo. C’est dire si j’ai confiance !

Checklist  2 – l’après course, le change – serviette, chaussettes, short et pantalon, maillots courts, bouteille d’eau. Rien pour la course, sur 10 bornes pas besoin de s’encombrer, même avec la chaleur.

Le soir, un bon repas de pâtes, histoire de, le lendemain matin un café et mon petit déj habituel. C’est le genre d’habitude qu’il ne faut pas changer quand on s’apprête à maltraiter son corps. Petit côté sympa, les enfants ne sont pas encore levés, j’ai le droit au calme matinal de la maison, j’ai apprécié.

Le matin même, j’ouvre le porte d’entrée pour le départ et patatra !!! Il pleut et fait à peine 14°C ! Dire que la veille, je me suis enquiquiné à sortir la pompe du puits pour aller arroser mon potager naissant et mes nouveaux arbustes…

Donc je rajoute rapidement dans le sac un collant et deux maillots longs, mais pas trop chauds non plus. Ce n’est pas non plus l’hiver. Bref, direction la voiture, cap Le Haillan

Je recherche le lieu de la course, croise des mecs installant des barrières, arrive sur les lieux, me laisse guider jusqu’au parking occasionnel, croise les premiers athlètes qui s’échauffent, rejoinds le stand à la quête de mon dossard.Ça fleure bon les courses !

Je me présente et récupère mon colis. 

1ère surprise : avec la pochette, un T-Shirt en coton d’un gris tout tristounet. Juste une inscription discrète sur la manche pour les 10 km, pas de quoi fouetter un chat. Bon d’un autre côté, il n’est pas bardé de pub non plus, je pourrais toujours m’en servir « dans le civil ». Et puis pour 8€ peut-on demander plus aujourd’hui ?

Deuxième surprise : en su du dossard, la puce électronique à mettre à la cheville. Première fois que je voyais ce dispositif. En 12 ans, que les choses ont changé ! En bien ! Je retourne à la voiture me changer, j’hésite : cuissard ou collant ? Ce sera le collant, mais je garde le maillot court. Et puis… aïe j’ai oublié les épingles à nourrice pour le dossard. Comme c’est ballot ! J’aborde une nana près de moi, 1ère rencontre, oui bon, je lui demande des épingles et on en reste là, mais j’ai mes épingles.

Aller hop hop hop, je pars m’échauffer. Je n’ai pas mis le cardio, un pansement dans le dos m’en empêche. Et puis, ce n’est sans doute pas plus mal. Après tout, je retourne courir pour revivre des sensations non ? Bref, je trottine sur 2 bornes, 6’30 / 6’45 au kilo, pas besoin d’aller plus vite. Je croise le père d’un de mes anciens élèves, avec toute sa troupe. Bonjour tout le monde.

Je me rends sur la ligne de départ, ça se rapproche. Tient ! Alex du club de scrabble est là aussi. Ça fait un bail que nous ne nous sommes pas vus, depuis que j’ai déménagé, le club est à plus d’une heure de la maison, bref passons. Ce n’est pas le lieu. On discute quelques secondes puis c’est le coup de feu, je n’ai rien vu venir. C’est tant mieux !
Ça y est, c’est parti. J’attends de franchir la ligne de départ, ou ce que j’arrive à en voir pour déclencher le chrono. Ça se décante tout doucement. J’hésite entre « c’est bien, je ne vais pas me griller » et « zut, vais devoir carburer moi pour atteindre ma moyenne de 5 au kilo ».

Le parcours comporte quelques petites bosses et les mêmes choses en descente. Je le découvre au fur et à mesure que mes chaussures foulent le bitume. 


 Déjà le premier kilo, ma montre bipe et je vois la borne à 2 mètres. Là je dis « chapeau l’accéléromètre ». Verdict : 4’58 ! Fichtre, je me sens bien, mais est-ce raisonnable ?

Kilo 2, même chose, mais je suis en 4’54 ! Là là là !

Kilo 3 et découverte de la première bosse de 500m. Bon, ça n’a rien d’extravagant, mais comme je n’ai que du faux plat chez moi et que je suis plutôt du genre lourd… suivi d’une descente. 4’59.



Kilo 4 à 6, ça monte encore, je fais entre 4’59 et 4’54, je reste finalement assez régulier. C’est moins difficile que je ne m’y attendais. Il faut dire qu’il y a un groupe et que je m’accroche aux uns et aux autres. Je ne suis plus seul avec moi-même.

C'est alors que me vient à l’esprit une pensée assez rigolote. Si si ! Mercredi dernier, j’ai fait une sortie de récup avec ma fille de 6 ans. Elle était à vélo et n’a pas arrêté de parler et de parler et encore de parler, de bout en bout. Je devais juste faire attention à bien repérer ce que je devais répondre (oui ou non) pour ne pas risquer d’avoir à produire des réponses plus longues. Là, je me retrouvais pendant cette course avec un bon petit groupe et pour seuls compagnons le claquement des chaussures sur le bitume, quelques respirations un peu fortes et LE calme et la quiétude du SILENCE presque processionnel. Je me serais presque cru au scrabble dans une salle où 200 personnes planchent en silence sur la quête du saint Graal : le top. C’est tout juste si ce 10 bornes ne devenait pas plus reposant qu’une sortie avec ma fille !!!
 
Les 5 km sont franchis en moins de 25 min, le palpitant a grimpé un peu, mais la sensation reste raisonnable. Le premier ravitaillement arrive, je le snobe, il pleuviote, ce n’est pas nécessaire. Certains perdent du temps à se décaler, à s’arrêter même pour boire ou manger. Sur un semi ou un marathon oui, sur un 10 bornes, franchement…

Je commence à accélérer à la sensation, je me sens bien, même si ma montre me fait peur. Je descends à 4’25 4’30 au kilo, beaucoup trop rapide. Je dois ralentir. Je me force à rester derrière des petits groupes, mais je n’y arrive pas longtemps et je repars à la quête du groupe suivant. J’avance plus vite. Kilo 7 : 4’41

Kilo 8 la machine chauffe encore un peu plus. Il y a un ravitaillement, j’essaie de choper une éponge, mais la nana se baisse au moment où je passe. Tant pis, pour l’éponge, je ne veux pas de gobelet. Toujours 4’41. L’accéléromètre n’est plus tout à fait en phase, il accuse un retard d’une dizaine de mètres sur la borne, de quoi faire quelques secondes. Je sens qu’un gars s’accroche à moi, pas de problème. C’est mieux de courir avec un autre coureur à une même allure. Nous grignotons les gars un par un, sans excès. 

Kilo 9 j’accélère encore. 4’36. Ca sent bon la fin. Je sais que mon pari des 50 min est gagné, car même si je devais beaucoup ralentir, je ne ralentirais pas au point de perdre « mon avance ». Je n’ai pas le temps de manipuler la montre pour regarder le Virtual Partner® et consulter mon avance théorique, qu’importe.

C’est le dernier kilo, j’accélère encore, trop cette fois ci, 4’07. Je suis obligé de ralentir. Mon compagnon de fortune me tire, mais je ne peux le suivre. Je garde des forces pour les dernières centaines de mètres. Et là dommage pour moi, les 300 derniers mètres avant le bout de Tartan de l'arrivée se font sur un bas-côté très gras, le pire des terrains pour moi qui suis lourd. Je n’ai jamais réussi à être à l’aise sur les sols gras. Je finis les 50 derniers mètres en accélération constante et le chrono qui s’affiche devant moi 48’30 !!! Là je suis vraiment content ! La cerise est bien venue sur la gâteau !!! Temps officiel 48'37

Merci aux organisateurs pour cette course, aux sympathiques bénévoles des parkings, des ravitaillements, de l’arrivée et de tous les autres de toute manière, belle course, belle convivialité. Je reviendrai.

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