Bon plan

samedi 12 mai 2012

Les foulées Cissacaises ou le nouveau semi-marathon du Médoc

Le titre est explicite. Cissac organisait jusqu’alors des foulées aux distances non classiques (9,6 et de 19 à 20 km). Pourquoi alors passer à un vrai 10 bornes et à un vrai semi ? 


Sans doute parce que depuis pas mal de temps, le nombre de participants baissait depuis le pic de 2005, le tout sur les deux épreuves confondues. Du coup, des distances officielles pouvaient sans doute redorer le blason d’un rendez-vous en perte de vitesse ? Bon et bien disons que si sur la plus longue des épreuves, le semi, le nombre des coureurs est encore à la baisse (66 contre 99 en 2010), le 10 bornes a retrouvé un certain regain de forme (156 contre 90 en 2010). Il faut dire aussi que le semi est en concurrence directe avec celui du Claouey qui se déroule une semaine plus tard et qui lui a un label régional. Ce label ne pourra que le rendre plus attractif pour les coureurs de club, sans oublier le décor. D’ailleurs il n’y a pas photo : 66 coureurs à Cissac, 1200 inscrits au Claouey !

Perso, je me suis rendu à Cissac d’abord parce que je voulais faire un semi en mai et qu’ensuite je ne pouvais me rendre à celui du Claouey, ma femme travaillant et les enfants étant encore trop jeunes pour se garder seuls. Dommage, car j’aurais (moi aussi) préféré celui du Claouey ne serait-ce que parce que j’y ai déjà une référence chronométrique. C’est plus facile pour se comparer sur un même parcours.

Mise à part ces considérations organisationnelles, je n’en n’étais pas moins excité à l’idée de courir, suite à mon petit 45' du Haillan. Du coup, en regardant les stats de résultats sur des sites ici et là, le 1h40 semblait jouable, même si faire un semi en 4’45… Bouh ! Et puis j’avais surtout passé mes 15 derniers jours à bosser dans mon jardin plutôt qu’à courir.

La 1ère surprise du jour aura été la météo. Un retour du soleil, juste ce qu’il faut pour passer un moment agréable après plusieurs jours de pluie. Cela ne pouvait que donner du baume à la journée. Là où j’ai été moins excité, c’était d’apprendre sur la ligne de départ que nous n’étions que 66 sur l'épreuve ! Pour tailler la route, 66, pourquoi pas, mais nous ne sommes pas aux US non plus !

Le 10 bornes est parti 5 minutes avant nous, j’ai pu encourager le pote avec lequel j’avais fait le déplacement et qui voulait faire – de 45', chose dont j’étais persuadé qu’il était capable. Quant à nous, les moitiés de marathonien que nous étions, nous devions commencer par une 1ère petite boucle de deux kilomètres avant que d’enchaîner sur la première grande boucle des 10 bornards et partir à leur poursuite... 

1er kilo, 4’44, ça part pas mal, mais je n’irai alors pas plus vite.
2ème kilo 4’44. Bon, c’est cool, mais voilà que commençait en fait le début de ma (petite) galère du jour : à 66 coureurs sur un semi, le risque de courir seul est grand. Et bien seul, je l’ai été pendant au moins 15 km sur les 21 que comptait l’épreuve !

La suite de l’allure est du même acabit jusqu’au 7ème où je prends un premier ravitaillement, court, de l’eau, c’est suffisant. 10" de perdues sur l’allure, c’est quoi finalement 10" ? Je ne suis pas champion du monde non plus ?


Arrive le 9ème pour moi que déjà je remonte sur les 1ers retardataires du 10 bornes (qui eux en sont au 7ème). J’ai l’impression d’accélérer, alors qu’en fait, je cours quasi à la même vitesse… mais vent de face. L’avantage est que du coup, je retrouve du monde, même si je ne cours avec personne vu que je double. Mais ça fait du bien, on échange quelques encouragements réciproques, l'esprit course quoi ! 

A l’arrivée du 10 bornes, j’en suis au 12ème. Je croise le pote qui m’annonce un beau 43’30 pour sa course. Je suis content pour lui et son 1er chrono, combien même je le sais capable de mieux. Maintenant qu’il a un temps de référence, il va pouvoir avancer un peu plus vite.

Je me retrouve sans vent, je me mets à accélérer, sans trop m’en rendre compte d’abord. J’irai plus vite du 12ème au 16ème, où je prends le temps de mieux me désaltérer. C'est cependant trop tôt pour placer mon accélération. Mais voilà, cela s'impose d'autant plus à moi, que devant moi, quelques coureurs commencent à ralentir. Des cibles à atteindre quoi ! Nous avons couru quelques centaines de mètres ensemble, pour les lâcher ensuite. Seul l’un d’eux restera un peu plus longtemps avec moi, mais pour le coup, c’est lui qui me lâchera, il finira « juste » devant moi... à 1’30 ! C’est vrai qu’il n’y a décidément pas foule ! A partir du 13ème / 14ème, je finirai la course en solitaire, le gars devant moi va prendre de l'avance, j'entends le gars derrière moi. Et si je l'attendais pour courir avec lui? Tant pis, non, mais qu'est-ce que c'est long 7 bornes dans le désert !

Seul au passage du centre-ville je croiserai quelques vendeurs de muguet. Un papy avec sa petite fille un peu plus loin, c'est tout, et les bénévoles des ravitaillements, comme d'habitude sur ce genre de manifestation : sympathiques !!!

Avec le retour du vent de face, l’effort devient plus difficile. Mes sorties en solitaire me sont alors bénéfiques, je dois tenir. De plus, le marquage au sol ne correspond pas du tout aux bips de mon GPS, j’aurais quelque 500m de retard si je devais me fier à eux. Pour le coup, je ne saurais incriminer ma montre car sur le 10 km du Haillan, je n’avais que quelques mètres de trop sur la ligne d’arrivée. Si j’ai eu peur un temps donné d’une épreuve tronquée, mon GPS m’a quand même bien annoncé 21,05 km à l'arrivée ! Les organisateurs se seraient-ils référés aux marquages intermédiaires des années précédentes, les rendant obsolètes ? Je n’en sais rien mais il est clair qu'il n’était franchement pas une réussite dans cette manifestation. Surtout que les deux épreuves empruntaient la même boucle, mais avec un décalage de 2 km, du coup, on se savait pas trop à qui ils s'adressaient sur les premiers kilomètres ! Les organisateurs auraient dû réaliser un marquage distinct pour chacune des deux courses, car là, on s'y est pas mal perdu. Soit deux couleurs de peinture différentes, comme pour les dossards, soit des bornes amovibles. Bref, passons.

Perdu dans mes derniers kilomètres, je dois batailler pour garder le rythme. Le 19ème kilo aura été le plus dur, je m'arrête au ravitaillement pour boire une dernière fois, je m'entruche..., je perds du temps, je le réalise en 5’02 (d’après ma montre) contre une moyenne de 4’44. 
La fatigue se rajoute à la solitude de la course. 

Pour le dernier kilomètre, je reprends du courage, enfin, sur les 200 ou 300 derniers mètres car le vent de face se fait bien sentir : 4’41. Pas de quoi pavoiser.

Par contre, une fois la ligne d’arrivée franchie, je consulte ma montre pour découvrir mon temps final et là, j’ai comme un grand sourire de pleine satisfaction :


1h39’59"

Mon temps officiel sera 4" meilleur. J’ai rempli un contrat qui était plus un petit "rêve" qu’autre chose. Le 1h40, je voulais le réaliser cette année, certes, mais j’avais plutôt tablé sur le semi du Porge en août pour le faire ce temps. Du coup, comme c’est fait, il va me falloir réviser mes objectifs : 1h35 ? Utopie ou réalisable ? Il va falloir gagner encore 15" au kilo, en 3 ½ mois, ça semble utopique. 

Pour rappel, il y a 12 ans, juste avant d'entrer en club, j'avais fait un semi en 1h38'55". J'y arrive. 

Rendez-vous en aout alors, nous verrons bien. 

Malo

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