Bon plan

dimanche 10 juin 2012

Les labels de la FFA

Dernièrement, je vous avais parlé de la manière dont étaient mesurées les courses, à l’aide d’un compteur Jones.
Aujourd’hui, je vais mettre un peu la lumière sur un autre point qui intéresse ou qui interroge les coureurs hors stade : LE LABEL, que dis-je LES LABELS de la Fédération Française d’Athlétisme, la FFA.
Je ne suis pas un expert de la chose, je vais en fait surtout vous proposer un résumé condensé de mes lectures et autres recherches. N’hésitez pas à apporter des commentaires, des correctifs le cas échéant.

Les labels FFA des courses Hors Stade sont au nombre de quatre :
  • Le label International (25 courses hexagonales)
  • Le Label National (50 courses hexagonales)
  • Le label Régional
  • Le label Montagne.

Deux autres labels (internationaux) existent en athlétisme hors stade :
  • Le label IAAF
  • Le label IAU

Pourquoi un label, quel intérêt pour le coureur hors stade?

 

Le label a pour vocation de notifier une certaine qualité quant à l’organisation de la course. Cela ne veut pas dire qu’une course sans label ne vaut rien ! Ne me faites surtout pas dire ce que je n’ai pas dit ! Prenez le semi-marathon de Saint Palais sur Mer par exemple, les organisateurs et bénévoles sont très prévenants, la course est MAGNIFIQUE le long de la côte, sur le sentier des douaniers. Rien à dire, c’est un bon moment. Mais le label rajoute l’assurance d’une certaine qualité d’organisation, voire d’une qualité certaine de la manifestation en les obligeant au respect d’un cahier des charges minimal commun.

Un label donne de fait une publicité supplémentaire à l’organisation, laquelle pourra figurer sur le site de la FFA "jesuisuncoureur.com". Pas étonnant alors qu’au 1er mai lors du semi de Cissac en Médoc nous n’ayons été que 66 à courir contre 1200 inscriptions le week end suivant au semi-marathon de Lège Cap Ferret, label régional. D’autres raisons entrent sans doute aussi en ligne de compte, mais quand même.

Les courses à label, sur distance officielle, permettent également de marquer des points qui serviront au classement du challenge hors stade des clubs (voir plus bas le bilan des performances) et de faire valoir sa VK

Sa VK ? C’est quoi une VK ? La VK veut dire Vitesse au Kilomètre. Cela permet de classer un coureur suivant son niveau un peu comme au tennis. Nous y reviendrons un peu plus tard.

Dernier point mais non des moindres : les courses à label sont également les seules courses qui permettent aux athlètes de se qualifier aux championnats de France sur les distances officielles que sont les 10, semi-marathon, marathon ou Ekiden, ou pour accéder à un classement aux championnats qui ne réclament pas de temps préalables de qualification (100km, 24h ou montagne).

Quelles sont les courses à label ?


Comme nous venons de le voir plus haut, les épreuves à distances officielles peuvent naturellement prétendre à un label.
Mais d’autres courses aux distances non officielles peuvent également y prétendre : 
les courses dites « classiques et populaires » (Marseille Cassis, Paris Versailles…), 

les courses « nature » se déroulant en grande partie sur chemins ou sentiers, les courses à étapes, à relais. Ces courses par contre n’ont pas vocation à offrir une qualification aux championnats nationaux et ne serviront pas au bilan des clubs.

Tout aussi important, pour prétendre à une éventuelle validation officielle, une performance devra être réalisée sur un parcours labélisé. Du coup, ma meilleure performance mondiale sur 12,25 km ne pourra jamais être reconnue car la distance n’est pas officielle, n’avait pas été mesurée au compteur Jones et n’avait qu’un label « Malo ». Ca commence à faire beaucoup non ? Hi hi hi !

Plus sérieusement, depuis ma reprise en 2011, je n’ai couru
L’EKIDEN est une course qui vient du Japon. Il s’agit en fait de courir par équipe et en relais. Si initialement, l’Ekiden peut couvrir des distances variées, aujourd’hui c’est surtout sur le marathon que se déroule un Ekiden. 6 équipiers se relayent sur des distances imposées : 5, 10, 5, 10, 5 puis 7,195 km.
La meilleures performance mondiale actuelle du marathon Ekiden est de 1h57’6"
qu’un seul semi-marathon labélisé : le 1er. J’ai fait 1h53. Depuis j’en ai couru trois autres, allant de 1h45 à 1h39. Aucun n’a été pris en compte. Perso, je m’en moque un peu, considérant que je ne cours pas pour la gloire, mais bon, il faut le savoir.

Le label Montagne.

Je dirais que ce label est un peu à part. Pour prétendre au label « Montagne », il faut :

  • Que la course se déroule en milieu montagnard. Cela semble logique, mais le dire ne mange pas de pain.
  • Que le dénivelé soit positif et d’un minimum de 500 m (D+ 500)
  • Que le dénivelé minimum entre le point haut et le point bas soit de 300 m
  •  (donc pas de successions de toutes petites côtes suivies de descentes)
  •  Que le temps de course des premiers concurrents soit d’un minimum de 1h à 1h15, vu qu’il est compliqué de mesurer parfaitement une distance en montagne
  •   Que la course ait déjà été organisée au moins une fois auparavant et avoir eu au minimum 100 participants.

Le label régional

Le nombre d’épreuves à label régional est soumis à quota et sera donc limité.

Les épreuves qui disposent à la fois d’un label régional et qui sont reconnues comme distance officielle de l’IAAF (10, 15, 20, semi, marathon, 100km et 24h) sont dites classantes et permettront aux athlètes et par extension aux clubs d’obtenir des points FFA au challenge interclubs et ce en fonction des performances réalisées.

Ces épreuves seront également qualificatives aux championnats de France.
Pour être labélisé régional, plusieurs conditions doivent être normalement remplies, parmi les principales :
  • Avoir au minimum 1 an d’antériorité
  • Prévoir l’organisation d’un contrôle anti dopage
  • Un parcours mesuré officiellement dans les 5 années, même si le parcours n’a pas été modifié
  • L’accueil un officiel hors stade sur la course
  • L’envoi des résultats sous 48 heures à la FFA
J’ai écrit « conditions normalement remplies» car le marathon de Strasbourg va proposer sa 1ère édition et est déjà labélisé régional. Ou bien est-ce que je me trompe quelque part ?

 Le label national

50 épreuves en France plus quelques-unes hors quota auront un label national. 
Il leur faudra en plus y atteindre un cumul minimum de 2500 points au tableau des performances (voir plus bas le bilan des performances)

Pour être labélisé national, plusieurs conditions doivent être remplies, parmi les principales :
  • Deux ans d’ancienneté de l’épreuve dont une année en label régional
  • Une édition avec un minimum de 500 coureurs sur la période de référence
  • Un minimum de trois coureurs de niveau N3
  • L’organisation d’un contrôle anti dopage.
  • Un mesurage officiel de moins de 5 ans du parcours
  • L’envoi des résultats sous 48 h à la FFA

Le label international FFA


Seules 25 épreuves en France pourront se voir octroyer un label international. Le résultat cumulé des athlètes devra atteindre un minimum de 7500 points au tableau des performances.
Pour être labélisé international, plusieurs conditions doivent être remplies :
1. l’épreuve doit en être au moins à sa 4ème édition dont une aura été à label national.
2. Un minimum de 1000 participants sur l’une des trois dernières éditions
3. Un minimum de 3 coureurs N1 doit y participer
4. Un contrôle anti dopage doit pouvoir avoir lieu sur place
5. Un mesurage du parcours de moins de 5 ans
6. L’envoi sous 48h maximum des résultats auprès de la FFA

En cas d’utilisation des puces de chronométrage, les organisateurs doivent s’engager à fournir à minima le temps de course depuis le coup du starter et non uniquement le temps réel de course (imaginons qu’il faille 5 minutes pour rejoindre la ligne de départ après le lancement de l’épreuve, ces 5 minutes seront donc comptées au temps officiel du coureur).

Et bien sûr il doit y avoir un certain nombre d’officiels présents sur la course pour contrôler son bon déroulement de l’épreuve.

Le label IAAF (International Association of Athletics Federations)

Il s’agira d’un autre label international, attribué à trois catégories de courses
  • Les marathons
  • Les semi-marathons
  • Les autres courses, à distance officielle (10, 15, 20, 25, 30, 100 km) ou non (comme le Paris Versailles et ses 17,6 km)
Trois niveaux de label seront proposés : or, argent ou IAAF simple

Le label IUA

Ce label concerne les courses internationales ultras, c’est-à-dire au-delà du marathon, donc les 100 km et 100 miles, 1000 km et 1000 miles…, les 24 H, bref tout un programme. Et c’est là qu’on se rend compte que dans le monde des ultras, le 100 km est la course du fainéant… Humour quand tu nous tiens. 

Le calendrier : http://www.iau-ultramarathon.org/
 
On y découvre plusieurs champions du monde français. J’ai eu l’honneur d’en croiser un dans ma vie : Pascal Fétizon, l’année où il a été champion du monde qui plus est ! Nous étions dans le même club, mais pas dans le même groupe d’entraînement, héhé. Un gars super simple d’accès duquel je tire un souvenir cocasse : alors qu’avec mon acolyte nous en étions à notre dernier 1000 de notre série, nous tournions en 3’45, Pascal nous a accostés pour nous demander s’il pouvait faire sa récup avec nous… Perso, une récup en 3’45, je voudrais bien, mais franchement…

Nos champions français au niveau mondial sur 100 bornes :
  • Jean Marc Bellocq, (Vice-champion en 1988, 3ème 1991)
  • Bruno Scelsi (3ème en 1988, 1er en 1989)
  • Herbert Cuntz FRA (3ème en 1989)
  • Roland Vuillemenot (3ème en 1987, 1er 1990)
  • Thierry Guichard (2è 1999)
  • Pascal Fétizon (1er 2000 et meilleur performeur français en 6h23’15 soit plus de deux marathons à la suite en 2h41 ! puis 3ème en 2001)
  • Yannick Djouadi (1er en 2006)

Le label… départemental


Il existe, mais ne sert à rien. Enfin en tout cas, il ne permet pas aux athlètes de se qualifier aux championnats de France et ne laisse aucune trace dans le bilan des points. On passe très vite alors.

Le challenge national Hors Stade des clubs ou le bilan des performances :

 

Le « Challenge National Hors Stade des Clubs » est un classement des équipes de clubs basé sur l’ensemble des résultats individuels des athlètes réalisant leurs performances uniquement lors des courses à label hors stade FFA « classantes ».
Ce Challenge est dédié à l’ensemble des clubs FFA. (Citation)

Seules les distances officielles 10, 15, 20, semi-marathon, marathon, 100 km, 24h permettent de participer au bilan des clubs, pourvue que l’épreuve soit labélisée (de Rg à Internl). 
Bref, ce bilan permet donc de classer les clubs les uns par rapport aux autres, que ce soit au niveau national, régional ou départemental. Le classement est effectué par équipe des 6 meilleurs athlètes hommes ou des 4 meilleures athlètes femmes de chaque club. De fait, un gros club pourra présenter plusieurs équipes tandis qu’un petit club en termes d’effectif pourra prétendre au classement Hors Stade aussi.

Ce bilan permettra par extension de classer les athlètes les uns par rapport aux autres, connaître le meilleur athlète hors stade départemental voire régional dans la mesure où les perfs des uns et des autres donnent lieu à l’attribution de points. Encore que je n’ai pas trouvé de classement des athlètes. Il faut fouiller dans les résultats des clubs.

Pour qui est en club, et pour accéder et connaître le meilleur club féminin et / ou masculin, ou pour connaître vos points de classements, c’est par ici :

Pour savoir combien de point chacun vaut sur une distance officielle HS, et accéder au tableau des points c’est par là : http://www.athle.fr/asp.net/main.pdf/pdf.aspx?path=/pdf/docffa/bareme-cnhsc-2012.pdf

Pour en revenir aux courses à label, une course à label national doit cumuler un minimum de 2500 points. On additionne donc les points marqués par chaque arrivant, pour connaître la valeur d'une course. Par extension, plus une épreuve atteint un certain nombre de points, meilleurs est le niveau global des participants. CQFD

Pour accéder au classement des courses à label 2011, c’est par ici. Un ratio nombre de concurrents / points de classement obtenus aurait été parfait pour compléter la chose.

 

La vitesse au kilomètre ou VK

 

Depuis 2004, la vitesse au kilomètre ou classement VK va permettre à chacun de connaître sa valeur, un peu comme le classement au tennis. Il ne s’agit pas de dire que Dupond est le 1000ème meilleur coureur et Dupondt le 1001ème mais de donner un niveau de pratique du coureur.

La base du calcul est votre vitesse (ou allure) au kilomètre atteinte sur une course (labélisée) de 10km. Exemple, vous faites 10 km en 40’ votre VK sera de 4.0, vous faites ces 10 km en 50’, votre VK est de 5.0. Si vous faites moins de 29’10" pour les hommes et moins de 32’20 pour les femmes, vous êtes en catégorie internationale.
Comme il y a de la marge entre 40’ et 50’ sur un 10 km, un classement intermédiaire est proposé :
  • par tranche de 5 secondes dans la catégorie 3 (3.0 3.05 3.10…) 
  • par tranche de 10 secondes dans la catégorie 4 (4.00 4.10 4.20…) 
  • par tranche de 15 secondes dans la catégorie 5 et 6 (5.00 5.15 5.30…) 
  • En dessous de 6.30, d’aucun sera considéré comme non classé.
On attribue au coureur la tranche immédiatement supérieure à la performance réalisée quand elle ne tombe pas juste. Par exemple, 
  • un 10 km réalisé en 48’14" donnera une allure de 4’49/km soit une VK de 4.50. 
  • un 10 km réalisé en 48'15" donnera une allure de 4'50/km soit une VK de 4.50 toujours
  • un 10 km réalisé en 48'26 donnera une allure de 4'51"/km soit une VK de 5.0

Bien mais alors si je vaux 4’30/km sur 10 km mais que je participe à un marathon. Je ne pourrais jamais être classé 4.30 parce que 4’30/km sur 10 km ne se retrouveront pas sur le marathon ?

Et bien si, car un coefficient de pondération sera appliqué suivant la distance : 0,95 sur semi, 0,88 sur marathon. De fait, un marathon réalisé en 3h30 donc avec une allure de 5’00/km aura un coefficient correcteur de 0,88, ce qui donnera une VK de 4.30.
Les courses à distances non officielles seront ensuite rattachées soit aux 10 km (en dessous de 16 km) soit au coefficient du semi-marathon (courses entre 16 et 25 km)

Avant dernier point. Ce classement prend en compte les courses réalisées au cours des 6 derniers mois. Sans course pendant 6 mois, le coureur perdra deux échelons. La VK moyenne selon le site de la fédé jesuisuncoureur.com est de 4.57. Pour se retrouver, c’est par ici

Et donc dernier point : qui est concerné par ce classement ? Tous les athlètes licenciés à la FFA ou ayant payé leur Pass’ Running Je n’ai ni l’un ni l’autre, mais j’apparais quand même. Et de toute manière, même si je ne devais pas y apparaître… la belle affaire. Mais je reconnais que c’est une bonne idée. Ah oui, il faut que les courses soient à label pour compter.

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