Bon plan

jeudi 8 novembre 2012

Le marathon vert de Rennes

Deuxième édition en 2012, 

le marathon vert de Rennes

Mon deuxième marathon également, 
Le premier, 
c'était en 2011, 
à Toulouse, 
un an plus tôt

Après + de 22 kg en 12 ans sans sport ! 
Il y avait comme un air de défi dans l'air.


2010
-7 kg en 7 mois
Roller

2011
-7 autres kg 
Retour de la CAP

1er 10 - 48'30 puis 46'30 puis 44'30
1er semi - 1h53 puis 1h45 et 1h39 (mai 2012)

1er marathon - Toulouse - cramé au 25è, 
Pas d'hypo, non, juste pas assez de foncier dans les jambes
je m'étais traîné jusqu'à la ligne d'arrivée
Ambition 3h45, 
Finish 4h12...
Mais finish 

Défi dans l'air
Revanche à prendre
Pour 2012
Au printemps 

Pourtant 2012 allait devenir mon année noire du marathon
Noire

2011, déc, opération en urgence
1,5 mois d'arrêt,
Annulation du marathon printanier.

Report sur le marathon de Rennes, 
Vert
Seul compatible avec mon agenda, ma vie de famille
Début de l'entraînement spécifique début septembre

Fin septembre ostéo. 
Douleur légère à la hanche
"N'êtes vous pas allés chez le dentiste récemment ? 
- Si pourquoi ? 
- Une dent soignée ? 
- Une dent remplacée, difficilement ajustée d'ailleurs
- Cherchez pas, si déséquilibre minime, vos douleurs
- Ah bon ? Bon !

Semi marathon intermédiaire début octobre, 
J’explose ma tête contre une poutre et tombe à la renverse en allant amener mes enfants chez l'amie qui devait garder mes enfants pour l'occasion, ma femme travaille.
Je participe quand même au semi, ça me démange. 

Noire, l'année marathon, je vous dis
Noire

Prévision 
ambitieuse, légèrement
1h35, 
acceptable :
1h37 
J'ai fait 2 fois 1h39, 6 mois plus tôt, 
progression constante 
Acceptable

Je pars bien, 4'35 / 4'30 sans forcer, 
je me tempère même, 
Faut finir bien, hein !

7ème, du coton dans les jambes, 
C'est soudain
Finish footing : 
1h47 !!! 
Le 7ème ! 
Merde quoi !
Le 7ème !

Jour 1 courbatures de ouf, repos
Jour 2 courbatures de ouf : footing ultra léger
Jour 3 courbatures acceptables : léger le footing, léger
Jour 4 grosse douleur inexpliquée aux côtes, repos
Jour 5, genou, épanchement de synovie, 
j'appelle ma femme, 
je ne peux pas rentrer tout seul

Noire l'année marathon
NOIRE

Puis le poignet qui me fait mal
10 jours d'arrêt total de CAP, je bous
Je nage
Pull boy 
Evacuer le stress, la nervosité, 
Besoin d'évacuer cette énergie 
Qui s'échappe 
Qui ne demande qu'à filer
File

Je cours à nouveau, prudemment,  
Nouvelle douleur au genou, 
Plus la même, 
Je sais
Je pleure

Deuxième ostéo, 
Je le connais déjà, 
Il peut me prendre en urgence

Je lui raconte mes malheurs, 
Il me confirme la dent 
En rajoute une couche pour le bisou sur la poutre.
Il me malmène dans tous les sens, j'ai confiance

Deux jours tranquillou il me dit, 
le marathon c'est dans 9 jours 
je n'ai couru que 12 km ces 15 derniers jours... 
Putain, je vais pouvoir le courir ce marathon ? 


Urgence, je commande de nouvelles chaussures,
le même modèle que le précédent, 
les miennes ont déjà 800 km. 
Un autre facteur de douleur ?

Piscine
Piscine
Je ne peux pas courir

Jusqu'au dernier moment je me tâte. 
Dans la semaine, 
Douleur aux côtes puis au poignet disparaissent
Genou fragile, 
Mes mollets à force de compenser se mettent à pleurer

Rennes
Il pleut
Il pleut
Il pleut, encore et toujours
La nuit du départ, c'est presque un déluge de pluie

Marathon vert ?
Marathon gris !
Marathon gris ?
Marathon noir !

Ligne de départ, un nuage passe, 
le soleil brille
Chaleur dans le dos ! 
Instant magique
Félicitée

Introspection de mon corps, 
Introspection de mes sensations. 
Je sais que je ne finirai pas, mais je ne peux pas ne pas prendre le départ

Coup de pétard. 
Je me lance
Pas sur les bases de 3h45, non, 
Ca, c'est foutu. 
Je dois soulager mon genou du "trop".

Je pars sur les bases de 4h00, 
enfin..
plutôt...
Je pars sur les bases de "je ne me flingue pas" 
et je me retrouve avec les 4h00, nuance.
Nuance.

1er kilo 6'
2è kilo 6', ma montre m'oblige à m'arrêter, une alerte intempestive s'en donne à cœur joie, je dois la stopper, plus d'alarme, ça m'énerve

3è kilo, j'accélère un peu, 5'18, je rejoins le groupe des 4 h, je reste avec eux. Je suis bien là, 
planqué dans un petit peloton.
Planqué
Bien

Mon genou ? 
Il se fait sentir, 
mais moins qu'imaginé au début, 

Par contre !
par contre
les mollets, 
les mollets... ah, une toute autre histoire, 
mes mollets

ils sont bien là
A force de compenser 
Les mollets ont des mots laids pour moi 
Ils crient leur mécontentement.
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHH ! Crescendo

5è, je suis un peu plus chaud, 
je dépasse le groupe 4h00, 
Irrésistiblement 
Je suis facile, 
Le genou se fait discret, 
Je recherche la bonne partie de la chaussée pour le soulager 
Le bon devers 
5'18 de moyenne jusqu'au 9è
Facile

10è, 1er arrêt longuet : 
une couture de mon collant m'a lâché, 
peau irritée
Bobo

DECIDEMENT
Noire l'année marathon
Noire

Poste de secours 
pansement 
soulager le frottement de ma cuisse. 
Je perds 2 minutes, 
le groupe 4h00 me dépasse, 
je le reprendrai un peu plus loin.

200 m plus loin
Ma famille m'acclame 
Allez papa ! 
Je ne boude pas mon plaisir,
Je partage pendant quelques (courts) instants ma joie de courir avec mes enfants

Fier ?
Non, 

Juste heureux !
C'est con hein ?
Non.
Juste heureux 

15ème, ma famille m'attends sur un autre endroit du circuit, 
elle me suit
je lui demande de m'apporter mon corsaire 
pour la prochaine rencontre, 
le pansement ne tient pas.

20ème, mon beau frère est là avec le corsaire, 
je me change, je perds à nouveau 2 minutes, 
le groupe 4h00 que j'avais précédemment re-lâcher 
me reprend, 
me dépasse à nouveau, 
4 minutes de perdues déjà à cause de mes arrêts.

21,1 km c'est le semi, 2h0028'', 
le groupe 4h00 est effectivement en avance sur le timing, 
je ne le vois plus.

Je suis quand même impressionné, 
Les kilomètres défilent 
Je ne m'en rends pas compte du tout. 
Seuls mes mollets me font vraiment mal. 
Quel répit ?

25ème km,  
(nouvelle) bosse, 
je dois appuyer sur les jambes, 
là les mollets ne sont plus du tout d'accord, 
J'ai compris, 
C'est la fin pour moi
Veux pas me flinguer

Instant de solitude
J'ai mal
Plus aux genoux, 
Plus aux mollets
Non
J'ai mal,
A l'âme

C'est dingue
Faut être coureur pour me comprendre

J'ai mal,
A l'âme

Noire l'année marathon
Noire
 
Je téléphone à ma famille : 
"nous sommes juste après le ravitaillement du 30ème, 
nous n'avons pas pu nous avancer plus". 
Fouiiiiiii ! Encore 5 km à parcourir 
Les mollets crient !

Je trouve un compagnon d’infortune
Lui est mort, tout simplement
Nous nous soutenons
Les spectateurs sont là
Nous hèlent
Merci

Ravitaillement du 30ème
Je cherche ma famille du regard
sms
"j'arrive"
sms
"au bout de la ligne"
Hein ?
Oui ! Au bout de la ligne
Je lis bien
Interminable
31ème kilo
Interminable

Je boite tant et plus

Pitié
Pas le genou, non, les mollets

Le marathon n'est décidément pas si vert que ça
Je rejoins la ligne d'arrivée avec la voiture
Je veux rendre ma puce,  
Je veux mon T Shirt,
Pas la médaille
Mon T - Shirt
Plus de XL !
Que du M
Non ?
Si !
Euh !
Hep un L!
C'est  vrai ?
Oui monsieur
licitations, belle course
Non, pas belle la course, non
Mais merci à vous, c'est gentil, le L
  
Finalement
Rendez-vous pris pour l'année prochaine
La Baie du Mont Saint Michel le 05 mai 2013
Avec mon Beau Frère, que l'ambiance a fini de convaincre
Y a rien à dire, c'est quand même beau l'esprit marathon, même vert pâle

 
Malo
Breton de cœur

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