Bon plan

mardi 23 septembre 2014

Mon premier triathlon : Maubuisson

Ca y est, je me suis donc décidé à participer à mon premier triathlon
Je devais déjà en faire un l’année précédente, mais un petit accident un mois auparavant m'en avait empêché : fracture d'un petit orteil.

En mai, je voulais faire le premier tri de Lacanau, il l'avait l'avantage d'être à côté de chez moi, mais je ne me sentais pas prêt.

Un pote m'a branché sur celui de Maubuisson et là, je l'ai pris tel un défit :

500 m nage
30 km vélo 
5 km course à pied.

J'avais pas mal nagé et roulé tout au long de l'été, il ne me restait plus qu'à préparer les transitions, surtout vélo / course à pied.

La nage, une broutille question distance, c'était pourtant la partie que j'appréhendais le plus : peur des coups de pieds ou de mains dans la figure dans la cohue du départ. Il y avait aussi le côté vagues, qui suivant la météo peuvent être gênantes, même si sur 500m, je ne risquais pas grand chose.

Le vélo, 30 km sur un terrain que je connaissais très bien, rien à redire. Pas mal de côtes, on est proche de la mer, ce n'est donc pas la platitude folle, sans être la montagne non plus ! Ceci dit, je n'avais qu'un VTC à disposition, car mon nouveau vélo tout beau tout neuf n'était pas encore arrivé. Du coup, je ne pouvais qu'avoir un bon prétexte pour faire un mauvais chrono, en tout cas, ça me permettais de ne pas me mettre la pression. Je partais sur une base de 27/28 km/h sur des parcours de 70/80 km route, bien loin de la plupart des rouleurs, alors... Le chrono devenait nettement secondaire.

Question CAP, je n'avais que très très peu couru et la boucle était plutôt exigeante : 5 km dont la 1ère moitié commence par une montée d'une 30aine de marches pour accéder au haut de la dune et pour se poursuivre en montées / descentes très pentues, un morceau pour ma carrure, l'autre moitié de la boucle étant sur piste cyclable en faux plats bien plus tranquilles.

Comme prévu, je me suis fait 3 à 4 transitions vélo / CAP, la première fut très difficile, les jambes me brûlaient, je n'arrivais pas à avancer. Les transitions suivantes ont été ensuite plus simples à gérer. Finalement, pour qui sait déjà plus ou moins bien nager, la partie la plus importante à travailler sera celle là. Il faudra trouver le bon compromis entre dont de soi pendant le vélo et la capacité à gérer la CAP ensuite. Après, pour qui veut performer, cela devient une autre histoire.

Côté tarif, c'était très raisonnable, ce n'est pas un tri officiel de la FF Tri. En contrepartie, pas de puce, donc ni temps intermédiaires ni temps de transitions. Comme je ne voulais pas nager avec ma montre par peur de la perdre en cas de choc avec un concurrent, je ne connais pas mes temps de nage. Faut dire qu'à 400€ la breloque, je n'avais pas envie de tenter le diable et de risquer de perdre ma montre dans le lac.


Le grand jour arrive donc. 
Météo : magnifique, 
L'eau du lac : une mer d'huile. 
Du vent d'ouest, mais ça, c'est habituel
Chaleur très supportable pour la CAP
Tout s'annonce donc au mieux.

Je prépare mes affaires tranquillement, je trouve mes repères, je me fais marquer au feutre sur le bras et la jambe, puis je vais nager une 10aine de minutes, histoire de. Petit coucou ici et là à mes connaissances. Petit breefing habituel avant le départ. On nous explique le sens de la course et il n'y aura pas de sanction pour drafting.

Le drafting, c'est quoi ? Le drafting, c'est le fait, à vélo, de profiter de l’aspiration d'un concurrent en se mettant dans sa roue. Or, le triathlon est d'abord une épreuve individuelle. Il s'agira donc de se mesurer les uns aux autres, de manière individuelle et sans aide. En cas d'infraction constatée par les juges, les sanctions peuvent être diverses et dépendront du règlement de l'épreuve. Bien souvent, le fautif effectuera une boucle de pénalité de quelques centaines de mètres en course à pied. Sur d'autres épreuves, il pourra être immobilisé pendant un temps défini, ou au cours de l'épreuve vélo, ou lors de la transition vélo / CAP ou bien encore pendant la course à pied. Mais sur certaines épreuves, le drafting ne peut être interdit car les boucles à parcourir sont trop petites et ne permettent pas des écarts de distance suffisants entre les concurrents. 

Bref, on se place sur la ligne de départ, coup de pétard et ça part ! 


Première découverte, le sprint du départ dans l'eau fait monter le palpitant à fond dans les tours. Et si on veut se placer un minimum, faut y aller car sur 500m, doubler risque d'être... compliqué. Au prochain tri, un échauffement bien plus sérieux s'imposera et pour faire monter le palpitant moins vite, moins haut, je pense faire 15 bonnes minutes de CAP avant que d'aller nager par la suite. Du coup là, je nage "la tête dans le guidon" (hum), la respiration tous les 2 mouvements au lieu des 3 habituelles, je n'arrive pas à faire descendre le palpitant, c'est plutôt dur. Je longe la ligne du circuit, du coup, je suis au plus prêt du parcours. Le lac n'est pas profond, on finit par se relever et finir en courant.

Arrive la fin de la nage. Ma femme me dira après coup que je suis sorti dans le 1er tiers. Bon ! Elle rajoutera par contre que tout le monde me doublera dans le parc à vélo : j'ai mis un temps de malade à me changer, mettre des chaussettes sur des pieds humides n'est décidément pas pratique là où nombre d'habitués roulent pieds nus dans leurs chaussures. Une boucle de chaussure récalcitrante finit par me faire perdre un peu plus de temps, là où les plus expérimentés n'ont que des scratchs ! Bref, ce sera sans doute l'un des points les plus importants à revoir lors de mon prochain tri : cette transition !

Bref, je pars avec le vélo et je commence à remonter quelques concurrents, dont certains chevauchent de magnifiques montures. J'en remonterais quelques autres encore. Je suis sur une moyenne globale de 30,5 km/h avec les 10 derniers km à 32 ! Incroyable pour moi, vu le poids de mon vélo et le bon vent d'ouest qui souffle en direct de la mer !

La transition vélo / CAP se passe bien, je décide de garder mon cuissard pour la partie CAP qui finalement ne me gênera pas. J'ai des lacets élastiques pour les baskets, le changement est ultra rapide. Je change de T-Shirt, à cause du dossard : derrière pour le vélo, devant pour la CAP. J'avais deux dossards, j'ai donc préparé deux hauts. La prochaine fois, une petite ceinture porte dossard s'imposera histoire d'avoir juste à la tourner autour de la taille pour ne pas perdre de temps en changeant le haut. Et hop ! quelques secondes encore de gagnées. Toutes ces secondes mises bout à bout feront bien du temps dans la balance du chrono. 

Les jambes répondent bien mieux que je ne l'espérais, mais par contre, dès les premiers décamètres, je suis pris d'un bon gros point de côté qui ne me quittera pas. La boucle commençant par les marches, impossible d'avancer. J'ai fait un temps pitoyable là où j'étais sensé être le mieux. Tant pis, le principal pour moi aujourd'hui aura été de prendre un max de plaisir dans la succession de toutes ces épreuves.

Au final, 1h42, c'est pauvre, mais tellement perfectible. ET comme dit, je n'ai pas mes temps de nage et surtout de transition. Le vélo s'est bien passé, même si le VTC n'est pas adapté à ce genre d'épreuve, quant à la CAP, elle demande à être optimisée pour ne pas partir avec un point de côté, en tout cas, la succession des épreuves. 

Dans le contexte d'un premier tri, je l'ai fait en affichant une banane d'enfer sur mon visage et le désir de recommencer. C'est le principal, non ?


Essayer, c'est l'adopter et l'adopter n'ira sans doute pas appauvrir vos perfs sur course à pied. Sans doute serait-ce  même le contraire, de ce que j'ai pu lire, on se blesse moins en tri qu'en CAP, on dure donc plus.

D'ailleurs, regardez les meilleurs triathlètes, ils ne sont peut-être pas au top niveau dans chaque sport, mais franchement, ils pulsent, et pas qu'un peu. 

Prenons le vainqueur du tri aux Olympiades de 2012 : 
  • 17' pour les 1500m nage, 
  • 59' pour les 40 km vélo, soit 40,68km/h (pour rappel, lors de la première étape du Tour de France 2014, le vainqueur à gagné en 40,14 km/h de moyenne, sur 190 km certes, mais quand même...) et...
  • 29' aux 10 bornes !!! 
Les 4 1ers de ce triathlon olympique sont sous les 30' au 10 bornes ! 
Perso, ça me laisse songeur, pas vous ? 

Allez ! Bon tri !

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